Edit : cet article a été publié en novembre 2016 dans la revue du Groupement des organisations de réservistes du service santé des armées (GORSSA).

« Je voudrais remercier les Directions centrales du service de santé des armées et du Commissariat des Armées d’avoir acceptés de poursuivre la formation des Commissaires de réserve à Saint-Cyr Coëtquidan au profit des élèves de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé publique (EHESP) après le passage au 1er janvier 2016 des OCTASSA au Commissariat. On ne peut que souligner l’extrême intérêt des stagiaires (22) pour cette formation. Reste maintenant à fidéliser ces jeunes réservistes. Les commentaires des stagiaires doivent nous faire réfléchir sur la durée de la formation qui a été très raccourcie. Enfin merci à la Direction Régionale du SSA de Brest et tout particulièrement au LCL Guy Juhel de continuer à en assurer la gestion et à la Direction des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan pour la formation. »

Commissaire en chef de première classe Alain Michel, Président d’honneur de l’Association nationale des officiers de réserve du Service du commissariat des armées (ANORSCA), Directeur général du Groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis.

Cette année 22 élèves de l’EHESP, dont une large majorité de femmes, ont suivi la formation des Officiers Réservistes du Service de Santé des Armées (ORCSSA) au sein de la prestigieuse Ecole Spéciale Militaire (ESM) de Saint-Cyr Coëtquidan.

Les ORCTASSA 2016 seront les premiers élèves issus de l’EHESP à intégrer la réserve du service du commissariat des armées (SCA) au sein du service de santé des armées (SSA).

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Cette nouvelle promotion, composée d’élèves directeurs d’hôpital et de directeurs d’établissements sanitaires et médico-sociaux, a pu bénéficier d’un tout nouveau programme de formation au sein du 4ème bataillon. Ce programme accéléré de 5 jours, s’est déroulé du 23 au 27 mai. Il leur a permis de découvrir quelques rudiments de la culture et de la vie militaire : apprentissage de la marche en ordre serré et des actes élémentaires du soldat, maniement du FAMAS, réflexion sur le rôle de l’officier, exercice de gestion des risques, parcours du combattant, bivouac, topographie etc.Totalement intégrés parmi les autres officiers en formation, c’est donc en très peu de temps qu’ils ont dû troquer leurs habitudes d’élèves fonctionnaires hospitaliers pour le rythme militaire.

Ces quelques jours très riches d’enseignements leur ont également permis de s’imprégner des traditions militaires : marche à la crevette à l’issue de laquelle les élèves ont reçu leur insigne d’aspirant officier, visite des sites emblématiques de l’école et veillée au drapeau au sein du musée de l’ESM.

Bien que raccourcie, cette formation a été l’occasion pour les élèves de tester leurs aptitudes au management. De nombreux exercices ont ainsi été conçus pour les mettre en situation de responsabilités et de décideurs.

S’ils ont tous souhaité signer un contrat d’engagement au sein de la réserve, le défi reste de pouvoir les fidéliser.

Trois ORCTASSA 2016, Jeanne Davenel (EDH, Simone Iff 2015-2016), Chloé Demeulenaere (EDH, Simone Iff 2015-2016) et Matthieu Guyot (DSMS, Marie de Hennezel 2015-2016), ont accepté de témoigner afin de partager avec nous les raisons de leur engagement ainsi que leur retour d’expériences.

Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser cette formation militaire à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan ? Quelles étaient vos motivations ?

Matthieu Guyot : Cela faisait longtemps que je souhaitais rejoindre la réserve opérationnelle et ce stage constituait une véritable opportunité d’y travailler. Cela étant, mes motivations n’étaient pas que professionnelles : j’avais envie de sortir de mon quotidien, d’apprendre de nouvelles choses, et de découvrir le monde de l’ESM.

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Jeanne Davenel : J’ai souhaité réaliser ce stage pour deux raison. D’une part, j’ai un grand intérêt pour les questions de défense, j’ai déjà participé à des activités de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes en Défense Nationale). D’autre part, j’ai une curiosité forte pour les modes de fonctionnement de l’armée et pour son management : mode de prise de décision, chaîne de commandement, gestion de crise et de l’urgence, mais aussi pour le « sens du groupe », l’entraide, la résistance dans des situations de stress et de fatigue. Enfin, je souhaitais m’engager pour la collectivité.

Chloé Demeleunaere : Pour ma part, au cours de ma formation à l’EHESP, j’ai eu la chance de réaliser un stage sur les bases aériennes de Salon de Provence et d’Istres. Cette découverte a été très riche et motivante. J’ai simplement eu envie de poursuivre l’expérience en réalisant la Formation Militaire Initiale du Réserviste (FMIR).

 

Ce stage vous paraît-il cohérent au regard de votre formation et de votre future carrière au sein de la fonction publique hospitalière ?

Matt13340533_10154862961379056_539391047_ohieu Guyot : Le stage en lui-même n’avait rien à voir avec ma future carrière. Son contenu n’avait, en effet, rien de sanitaire ou de médico-social. Toutefois, cela ne l’empêche pas d’être cohérent avec notre formation, en ce qu’il en devient complémentaire. Je trouve la formation à l’EHESP particulièrement théorique, ce stage permet d’apporter une dimension plus pratique aux enseignements. J’ajouterai que certains cours, tels que le commandement et la gestion des risques peuvent effectivement être appliqués aux établissements de la FPH (après quelques adaptations, cela dit…).

Jeanne Davenel : Absolument, à titre d’exemple : les modes de management d’équipe et d’organisation d’acteurs pour faire face à une situation tendue, voire à une crise, sont riches d’enseignements.

Chloé Demeulenaere : Ce stage m’a paru tout à fait cohérent, dans la mesure où dans quelques mois à peine, je serai au quotidien en situation de décideur. Par ailleurs, la fonction publique hospitalière et le monde militaire partagent une motivation commune : l’engagement de servir.

Quels enseignements retirez-vous de cette expérience ?

Matthieu Guyot : Monter et démonter une tente dans une zone hostile, lancer une grenade, tirer au FAMAS, se couvrir, s’orienter avec une boussole dans une forêt tropicale, lasser ses rangers et mettre correctement son képi : tout cela n’a plus de secret pour moi… Plus sérieusement, j’ai encore des progrès à faire dans le domaine militaire, mais je pense avoir acquis quelques bases. Enfin, le stage m’a appris la ponctualité militaire. J’espère ne pas perdre cette qualité-là !

Jeanne Davenel :  Je retiendrai quatre leçons essentielles :13340600_10154862960684056_1897541226_o-2
– L’importance du rôle du chef, figure du décideur et de la structuration d’une organisation autour de celui-ci : adjoints, éclairages d’acteurs du terrain.
– Savoir adapter son organisation, à titre d’exemple, savoir modifier une décision, tenir compte du contexte changeant.
– Apprendre à collecter et diffuser de l’information.
– Prendre en compte l’humain, se connaître entre membres d’un même groupe afin de reconnaître et d’exploiter pleinement les compétences de chacun, pour donner du sens à la décision et à l’action .

Chloé Demeulenaere : Même si le stage a été très court, j’ai beaucoup appris, notamment sur la confiance en soi et le dépassement. Je suis parvenue à surmonter certains obstacles dont je ne me sentais pas capable. J’ai aussi beaucoup appris sur le respect et sur l’entraide, je n’ai qu’une hâte, c’est de recommencer !

 

Est-ce-qu’une des activités proposées au cours de la formation vous a plus particulièrement marqués ?

Matthieu Guyot : Etre élève de jour m’a particulièrement marqué. Cela consiste à servir de délégué 13334615_10153870018383124_289056723_oauprès de nos supérieurs et à organiser la section pour qu’elle respecte les ordres et le planning prévu. Ce fut une expérience assez harassante de par le manque d’information dont nous disposions pour s’organiser ainsi que le manque de sommeil de chacun.

Jeanne Davenel : Pour moi cela a été la mise en situation de responsabilités dans le cadre d’un exercice de gestion de crise. Il fallait organiser la création d’un camp pour des centaines de victimes d’un séisme. Cela reste un souvenir plutôt « intense » mais très formateur.

Chloé Demeulenaere : J’ai beaucoup aimé le bivouac, même si je craignais beaucoup cette activité, et le parcours sportif du dernier jour. Le passage dans la canalisation pleine d’eau glacée était éprouvant, mais au final, quelle fierté !

Et si c’était à refaire, qu’auriez-vous souhaité changer ?

Matthieu Guyot : Le fait que la formation soit concentrée sur une semaine rend superficiels certains enseignements, que nous sommes alors obligés de survoler. Par ailleurs, cela manquait, à mon avis, d’activités sportives.

Jeanne Davenel : J’aurais souhaité pouvoir dormir un peu plus, mais ça, ça fait partie de la méthode je crois…

Chloé Demeulenaere : Il est indispensable de rallonger le stage, et d’y intégrer encore plus d’activités militaires, comme le « parcours Guyane ». A titre personnel, j’ai moins apprécié le cours sur le commandement, un peu plus « statique » que le reste de la semaine.

Comment envisagez-vous votre engagement au sein de la réserve ?

Matthieu Guyot : Je pense que les formations et l’expérience acquises lors de celle-ci me seront utiles pendant ma carrière professionnelle (et vice-versa) de par la proximité des missions réalisées. Au-delà de ça, ce fut une expérience personnelle précieuse et excitante. Plus que jamais, je suis prêt à partir pour de nouvelles aventures !

Jeanne Davenel : J’aimerais beaucoup continuer à me former et trouver une mission me permettant de garder un engagement au sein de la réserve.

Chloé Demeulenaere : Pour l’instant, je pense avoir encore besoin de me former. Ensuite, j’aimerais beaucoup découvrir le mode de fonctionnement des hôpitaux militaires, que je ne connais pas.

Propos recueillis par Mathilde Maguis.

S’engager dans la réserve militaire du SCA ou comment devenir un « directeur combattant » !

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